Au Yémen, le gouvernement et les rebelles houthis s'accordent pour apaiser les tensions. Alors que les deux parties sont en guerre pour le contrôle de pans entiers du territoire, ils se livrent aussi une guerre économique et financière. L'accord annoncé ce mardi 23 juillet par l'ONU prévoit de mettre fin à la « guerre des banques ».
À l'image de la partition du Yémen , la gestion des finances du pays est coupée en deux. D'un côté, le gouvernement exilé à Aden administre la banque centrale du Yémen, contrôle la monnaie nationale. De l'autre, les rebelles houthis qui occupent la capitale Sanaa utilisent, eux, leurs propres billets, appliquent d'un taux de change différent, et ont même créé leur banque centrale.
Mais depuis le mois de mai, les deux parties s'imposent mutuellement une série de sanctions bancaires avec l'objectif d'asphyxier les finances de l'autre camp.
Un accord pour apaiser les tensions
L'accord, encadré par l’ONU , annonce la fin de ces sanctions réciproques. Ce serait un bol d'oxygène bienvenu pour des finances aux abois.
Autre point : le texte prévoit de régler les différends autour de la compagnie aérienne nationale. Le gouvernement accuse les Houthis de geler les fonds de la Yememia Airways basée à Sanaa. Les vols réguliers pourraient reprendre très bientôt à destination de la Jordanie, de l'Inde ou de l'Égypte.
Vers une reprise du processus de paix ?
En décembre dernier, les deux parties se sont engagées à respecter une feuille de route élaborée sous l'égide de l'ONU en travaillant à la « reprise d'un processus politique inclusif ».
Mais les attaques des Houthis contre des navires présentés comme liés à Israël au large du Yémen, en « soutien » aux Palestiniens dans la guerre à Gaza, et les représailles américaines et britanniques, ont mis en suspens les pourparlers de paix.
Lundi 22 juillet, les parties ont informé Hans Grundberg, l'émissaire de l'ONU au Yémen, qu'elles « s'étaient mises d'accord sur plusieurs mesures de désescalade », selon un communiqué de son bureau.
Elles organiseront « des réunions pour discuter des questions économiques et humanitaires sur la base de la feuille de route de l'ONU », d'après le texte qui souligne « la nécessité pour les parties de collaborer en faveur d'une économie qui profite à tous les Yéménites et favorise la mise en œuvre d'un cessez-le-feu à l'échelle nationale ».
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